Comment la digitalisation transforme le marché de l’emploi
Comment la digitalisation transforme le marché de l’emploi

En pleine pandémie du coronavirus, vous avez peut-être vu comment les drones de surveillance sont arrivé dans votre ville pour la première fois. Avant cela, vous avez sans doute remarqué à quel point la technologie a changé le monde.

Il n’y a pas si longtemps, quand les smartphones se sont répandus, ils ont été un catalyseur de révolutions dans plusieurs pays. Toutefois, une autre révolution, moins visible, se déroule toujours.

Des phénomènes majeurs comme l’épidémie du COVID-19, ou la montée des médias sociaux, n’ont fait qu’accélérer le recours à la technologie dans la vie quotidienne et professionnelle. Mais, est-ce que la transition des emplois traditionnels aux numériques se fera-t-elle en douceur ?

Des scénarios plus ou moins sombres

Beaucoup de théories ont été proposées sur la façon dont la numérisation va changer l’économie du travail. En 2003, les chercheurs Frey et Osborne d’Oxford ont prédit que la numérisation ferait perdre un pourcentage énorme de 47 % des emplois américains dans les 10 à 20 ans à venir. Cependant, c’était peut-être un peu du tiré par les cheveux.

Dans une vision plus nuancée, certains emplois seront reformulés sous le coup des nouvelles technologies, tandis que les emplois liés à la personne, aux services de contact, à la santé, au tourisme, à la sécurité, à l’hôtellerie et à la restauration devront rester stables.

Un PDG d’entreprise est allé jusqu’à proposer une tournure optimiste. Selon Shrija Agrawal de Samsung India, chaque révolution industrielle a fini par créer plus d’emplois et, de manière globale, par enrichir la vie des gens. Une chose est sûre, comme le dit le vieil adage, le changement est la seule constante. Et ça a peut-être un prix.

L’inégalité se fait sentir

Selon un article publié par la Banque mondiale, il est peu probable que la numérisation détruise des emplois, mais elle pourrait bien creuser les inégalités.

D’ici 2030, les attentes en matière de travail seront redéfinies et le paysage des organisations redessiné, car le processus de recherche d’emploi prendra un tour nouveau. En raison de ce que l’on appelle souvent aujourd’hui la « gig economy » ou « économie des petits boulots, » les organisations vont se mettre à automatiser la manière dont elles se procurent du travail.

La gig economy, comment est-elle répartie ?

En 2019, le marché du travail en ligne au Maroc atteint 0,17 pourcent du total mondial, contre 0,44 pourcent en Afrique du Sud et 0,35 pourcent en Égypte.

Sur le plan de la demande de main-d’œuvre en ligne, la majorité se situe dans quelques pays seulement. Les États-Unis accueillent 40 pour cent du total mondial, le Royaume-Uni 9 pour cent, le Canada, l’Australie, et l’Inde 7 pourcent. Ces cinq pays abritent deux tiers des postes vacants en ligne dans le monde.

En termes d’offre, le Maroc fournit 0,5 pourcent du total mondial, contre 1 pourcent pour l’Égypte et le Kenya et 2 pourcent pour l’Algérie.

Si ces données montrent une chose, c’est bien que l’inégalité entre le Nord et le Sud est déjà en train de prendre de l’ampleur. Non seulement cela, mais même au sein d’une même société, il semble plus probable que les lieux de travail changent et exigent des travailleurs, des compétences différentes de celles des décennies précédentes.

De plus, les employés peu qualifiés peuvent être exposés à des pressions plus fortes pour s’adapter à la transformation numérique, car leurs emplois sont généralement beaucoup plus automatisables que ceux des employés hautement qualifiés.

Conclusion : se mettre à penser numérique

En fin de compte, la numérisation ne fait planer aucune menace immédiate, mais cela pourrait ne pas être le cas éternellement. Pertinemment, une fameuse phrase du fondateur de Microsoft, Bill Gates, en est peut-être la meilleure illustration : « La plupart des gens surestiment ce qu’ils peuvent faire en un an et sous-estiment ce qu’ils peuvent faire en dix ans. »

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