Comment repérer les secteurs porteurs d’emplois

Sous le coup de la situation sans précédent qu’a entraînée le COVID-19, certains secteurs de l’économie ont enregistré un grand essor, comme les services de livraison à domicile ou de vidéoconférence, ou encore les produits pharmaceutiques. Mais le confinement dû au coronavirus a aussi fait régresser la plupart des segments économiques. La Banque mondiale a prévu en 2020 que la pandémie COVID-19 à laquelle s’ajoute les effets de la sécheresse auront des retombées négatives sur l’économie marocaine pendant plusieurs mois.

Il est prévu, que certains secteurs connaîtront une croissance à partir de 2020. Pour le World Finance, la liste des cinq premiers secteurs de croissance mondiale à partir de cette annéé comprennent les énergies renouvelables et quatre secteurs informatiques (cybersécurité, biotechnologie, RV et IA). Mais ce constat doit être pris avec circonspection. Dans un rapport de Bookings 2019, M. Henry-Nickie et al. Suggèrent que la croissance du secteur informatique pourrait être affectée par la fermeture des frontières, ce qui le rendrait instable comparé à d’autres secteurs plus établis.

Qu’est-ce qu’un secteur porteur ?

Un secteur de croissance est le segment d’une économie qui connaît un taux de croissance (augmentation de la production de biens et de services) qui dépasse la moyenne par rapport aux autres segments. Les secteurs porteurs sont souvent des secteurs nouveaux ou pionniers qui n’existaient pas dans le passé. Leur croissance est le résultat de la demande de nouveaux produits ou services offerts par les entreprises du secteur.

Par exemple, l’USAID a répertorié huit secteurs porteurs au Maroc. L’aéronautique, l’agroalimentaire, l’automobile, l’énergie solaire, la logistique portuaire, la délocalisation, le textile, le tourisme sont des secteurs à forte création d’emplois. Mais certains d’entre eux, comme l’aéronautique, sont assez récents et donc moins établis, tandis que d’autres sont plus ancrés mais peuvent être sensibles aux aléas de la conjoncture, à l’instar du tourisme. Dans cette liste, seul le secteur de l’énergie solaire présente à la fois des perspectives stables (la demande est en augmentation alors que la ressource n’est pas épuisable) et de bonnes infrastructures, puisque le Maroc a bien investi dans le secteur pendant des années. Cela dit, au lieu de chercher le « bon » secteur qui est décrit comme un secteur porteur au niveau national ou international, il serait peut-être plus judicieux de connaître les critères qui font qu’un secteur puisse prospérer dans un proche futur.

Facteurs de croissance d’un secteur

Plusieurs facteurs sont à l’origine d’un secteur en pleine croissance. Tout d’abord, il y a l’avènement de technologies nouvelles et innovantes qui peuvent inciter les entrepreneurs et les start-ups à concevoir de nouveaux biens et services liés à ce secteur. Étant donné le caractère évolutif de la technologie, l’investissement dans ces produits est motivé par la promesse d’une croissance future exponentielle.

Ensuite, il y a les changements de réglementation et les plans gouvernementaux qui peuvent à leur tour stimuler la croissance. Par exemple, le programme de soutien à l’accélération de l’industrialisation est en grande partie responsable de la croissance du secteur automobile. De même, le secteur des carburants a vu « les gains passer de 300 millions de dirhams à 900 millions de dirhams entre 2015 et 2016, » selon Abdellah Bouanou, président d’une commission parlementaire, suite à la libéralisation du secteur par le gouvernement.

Un troisième facteur de croissance des industries est le changement de style de vie et les préférences des consommateurs. À ce titre, en 2017, les paiements en ligne ont augmenté de 52 %, marquant un changement dans les habitudes de consommation, selon les données de Santander Trade. Ces dernières années ont vu un changement dans les habitudes alimentaires des consommateurs marocains qui se tournent de plus en plus vers des produits sains et biologiques. Ce tournant concerne principalement les jeunes et les femmes enceintes. Les grandes villes du pays ont vu fleurir de nombreux magasins spécialisés et certains détaillants ont même étendu leur réseau, passant d’une douzaine à quelque 700 points de vente en trois ans.

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