IATA : 3,1 millions d’emplois en Afrique sont menacés dans le secteur aérien

IATA : 3,1 millions d’emplois en Afrique sont menacés dans le secteur aérien

L’International Air Travel Association (IATA) a dévoilé des chiffres chocants concernant l’emploi en Afrique, dans le secteur aérien. IATA estime que 3,1 millions d’emplois en Afrique sont menacés, si le secteur de l’aviation du continent ne parvient pas à se redresser après la fin de la pandémie du Covid-19, qui a gravement impacté le continent.

Le secteur aérien en Afrique a été durement touché par l’émergence de la pandémie, il a ainsi enregistré un faible taux de demandes de vols à travers le continent. Ajoutant à cela, le nombre immense d’annulations et de suspensions, qui a entraîné derrière lui une baisse spectaculaire dans les ventes et donc dans les revenus des compagnies aériennes.

6,2 millions d’emplois dans le secteur aérien en Afrique

Le transport aérien en Afrique représente environ 6,2 millions d’emplois, répartis entre plusieurs pays du continent. L’Éthiopie occupe la première place avec plus de 500.000 emplois, suivie de la Tanzanie avec plus de 336.000 emplois, du Ghana avec plus de 284.000 et de l’Afrique du Sud avec plus 250 000.

Les compagnies aériennes africaine devraient perdre jusqu’à 6 milliards de dollars cette année en revenus de passagers, alors que les restrictions de voyage provoquées par la pandémie de coronavirus continuent de fragiliser le secteur, selon l’association commerciale des compagnies aériennes du monde.

Les compagnies aériennes à travers le continent ont enregistré une perte de 4,4 milliards de dollars de revenus au cours du premier trimestre de cette année, à cause du Coronavirus, selon un rapport de l’IATA.

Le PIB de l’Afrique en chute libre

Des statistiques supplémentaires de l’IATA indiquent que le Produit Intérieur Brut du continent sera gravement touché par cette pandémie. L’Afrique du Sud se positionne en tête de classement, et l’IATA prévoit que le pays sera le plus touché par la crise du COVID-19, avec une perte estimée à 5,1 milliards de dollars.

D’autres pays également seront touchés, mais pas au même degré que l’Afrique du Sud, à savoir les Iles Maurice qui vont perdre jusqu’à 2 milliards de dollars de leur PIB, l’Éthiopie avec une perte estimée à 1,9 milliard de dollars, le Kenya et le Ghana représentent 1,6 milliard de dollars de chute du PIB, et la Tanzanie qui pourrait perdre jusqu’à 1,5 milliard de dollars.

Dans l’ensemble, le PIB soutenu par l’aviation à travers l’Afrique pourrait atteindre les 28 milliards de dollars au lieu de 56 milliards de dollars. L’IATA estime en outre que le trafic aérien du continent au cours de cette année, connaitra une baisse de 51%, par rapport à l’estimation précédente, qui prédisait une chute de 32%.

Les estimations de l’IATA sont basées sur l’hypothèse que les restrictions de voyage sévères dues au COVID-19 dureront trois mois supplémentaires, en raison des mesures sécuritaires et sanitaires imposées par tous les pays du continent.

Muhammad Al Bakri, vice-président régional de l’IATA pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a déclaré que plus les compagnies aériennes attendront longtemps l’intervention de leur gouvernement, plus elles seront exposées aux risques.

“Nous n’avons pas encore vu l’aide souhaitée annoncée pour les compagnies aériennes africaines“, a déclaré Al Bakri aux journalistes lors d’une conférence de presse.

Des allègements pour soutenir le secteur aérien africain

L’IATA a proposé un certain nombre de mesures d’allègement que les gouvernements pourraient envisager de mettre en œuvre, pour stabiliser le secteur. Ils comprennent : un soutien financier direct, des prêts et des allégements fiscaux.

« Les compagnies aériennes en Afrique luttent pour survivre. Air Mauritius est entrée dans l’administration volontaire, South African Airways et SA Express sont en sauvetage commercial, d’autres transporteurs en difficulté ont mis du personnel en congé sans solde ou ont signalé leur intention de supprimer des emplois. Plus de compagnies aériennes suivront si aucun allégement financier urgent n’est accordé » a précisé Muhammad Al Bakri dans une sortie de presse.

« Les dommages économiques d’une industrie paralysée s’étendent bien au-delà du secteur lui-même. L’aviation en Afrique soutient 6,2 millions d’emplois et couvrent 56 milliards de dollars du PIB africain. La défaillance du secteur n’est pas une option, les gouvernements sont sollicités à doubler leurs efforts », a-t-il ajouté.

Les compagnies aériennes sortent des mesures de sauvetage

Compte tenu des effets persistants de la pandémie, les compagnies aériennes et leurs pays ont pris différentes mesures, en réponse à la baisse des revenus des passagers aériens.

Ethiopian Airlines, le plus grand transporteur d’Afrique, intensifie maintenant ses opérations de fret pour aider à reporter les paiements de location car elle fait face à une perte de revenus de 550 millions de dollars de janvier à avril seulement. Kenya Airways a également concentré ses opérations sur le fret et converti quatre de ses avions de passagers en transporteurs de fret.

L’Afrique du Sud a reporté la paie, les revenus et les taxes sur le carbone dans toutes les industries, ce qui devrait également profiter aux compagnies aériennes basées dans ce pays. Le Sénégal a alloué 128 millions de dollars de secours au secteur du tourisme et du transport aérien, tandis que les Seychelles ont annulé tous les frais d’atterrissage et de stationnement d’avril à décembre.

En Afrique, la pandémie a touché tous les secteurs. Mais le secteur aérien a subi le coup le plus dur depuis des années, en matière d’emploi et le continent africain risque de voir son taux de chômage atteindre une hausse record.

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