La formation continue en Afrique francophone

La formation continue en Afrique francophone

 

La formation continue s’entend comme un processus de transmission de connaissances générales, techniques ou professionnelles, ainsi que de savoir-faire, de valeurs et d’attitudes, qui se déroule en dehors du système éducatif formel. Elle intervient pour combler les insuffisances de l’éducation précoce des personnes adultes ou les doter des connaissances et des éléments culturels nécessaires à leur épanouissement et à leur participation active à la vie sociale, économique et politique. L’éducation, y compris l’éducation des adultes, est de ce fait un ferment du progrès.

L’éducation formelle seule ne suffit pas pour jouer ce rôle. En effet, même les catégories de la population qui ont bénéficié d’une éducation et d’une formation formelles peuvent avoir besoin d’être actualisées et réorientées au moyen de l’éducation des adultes, en grande partie parce que la « société de la connaissance » actuelle tend à rendre inappropriées et obsolètes les connaissances et les compétences acquises par le passé.

L’évolution constante des technologies, des emplois et donc des connaissances à détenir rend indispensable d’intégrer une base de compétences transversales (résolution de problèmes, communication, travail en équipe, gestion, économie d’entreprise, qualité de la gestion…) ; seule une adaptation des contenus et des méthodes de formation peut permettre d’y parvenir.

L’éducation des adultes contribue également à familiariser la population active africaine avec les TIC, un outil décisif pour l’intégration harmonieuse des économies africaines dans l’économie mondiale. On ne saurait trop insister sur l’importance de cet aspect, car le monde évolue rapidement vers des structures économiques fondées sur la connaissance et des sociétés de l’information qui comprennent des réseaux de personnes, d’entreprises et de pays reliés électroniquement dans des relations interdépendantes et interactives.

Dans le monde entier, le modèle traditionnel de la relation descendante du formateur à l’apprenant se voit supplanté par le travail en groupe, le Shared knowledge, la stratégie de recherche d’informations, le questionnement et la problématisation, la capacité d’adaptation au changement ou le Design Thinking.

A titre d’exemple, Link Compétence Maroc, une entreprise de formation continue créée en 2010, travaille au renforcement des compétences de l’élite africaine par la formation de professeurs d’université, de cadres et de dirigeants d’entreprises, entre autres. LCM est présent dans la plupart des pays d’Afrique francophone.

Dans le passé, les pays francophones d’Afrique, contrairement aux pays anglophones, manquaient de départements d’éducation des adultes et d’alphabétisation dans leurs universités, affirme T. Afrik dans un document de 2000 « The State of Adult and Continuing Education in Africa. » Le personnel de leurs départements d’alphabétisation était principalement composé d’enseignants et d’inspecteurs du primaire qui n’ont aucune formation spécialisée dans l’éducation des adultes. Les directions de l’alphabétisation ou de l’éducation de base, qui s’occupent principalement des programmes d’alphabétisation fonctionnelle, ne coordonnent pas les programmes de formation continue et de vulgarisation qui sont laissés aux ministères concernés. Leurs programmes d’éducation des adultes sont uniquement centrés sur l’alphabétisation et la post-alphabétisation des adultes ainsi que sur la promotion des langues nationales.

En ce qui concerne la formation du personnel, les pays francophones organisent des formations de courte durée dans le pays lors de séminaires et d’ateliers, mais les formations de longue durée en éducation des adultes se font à l’étranger. Pour les pays africains anglophones, toutes les formations sont disponibles dans le pays, du certificat au diplôme de troisième cycle.

Comme les systèmes éducatifs coloniaux de l’anglais et du français ont été adoptés par les pays africains indépendants après l’indépendance depuis les années 1960, les anglophones étaient bien en avance en matière de programmes d’études et de matériel didactique pour l’alphabétisation et la post-alphabétisation, car l’élaboration de programmes d’études dans l’éducation non formelle était pratiquement absente dans les pays francophones, vu que le matériel didactique est produit sans cadre curriculaire. Un grand nombre de matériels de lecture tels que les abécédaires, les affiches, les jeux éducatifs, les bandes dessinées, les pièces de théâtre, les matériels didactiques, les livres de bricolage ont été produits dans les pays anglophones d’Afrique, tandis que dans les pays francophones, les matériels de lecture étaient peu nombreux et il s’agissait principalement d’abécédaires.

  1. Kane écrit dans ledit document pour confirmer que dans la plupart des pays francophones, tous les cadres institutionnels d’éducation des adultes et de formation continue étaient dispersés dans divers ministères du gouvernement. Les colons britanniques estimaient que le développement devait venir des communautés indigènes alors que dans le système français, il devait venir du gouvernement central, bien que dans toutes les colonies, un grand fossé séparait les populations rurales et urbaines.

En outre, les femmes ont traditionnellement été largement exclues de l’éducation des adultes en Afrique. Moins de femmes que d’hommes sont inscrites à des cours d’alphabétisation et une plus petite proportion de celles qui y sont inscrites atteignent un niveau d’alphabétisation fonctionnel, ce que confirment les résultats d’une étude commandée par l’Union africaine en 2005. Une plus petite proportion de la population féminine africaine est lettrée (les deux tiers de la population africaine analphabète est composée de femmes).

Tout porte à croire qu’il est urgent de repenser les approches traditionnelles de la formation professionnelle, afin de rendre le système plus attractif, plus souple, plus accessible, plus lisible, plus en phase avec les attentes des bénéficiaires potentiels et du tissu économique. Les mêmes réponses aux anciennes questions produisent les mêmes effets, il s’agit de savoir comment faire preuve d’innovation

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